La langue étrusque

La Langue Etrusque


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Introduction

À la différence du grec et du latin, l'étrusque, la troisième grande langue antique de la culture en Italie, n'a survécu dans aucun grand ouvrage littéraire. Une littérature religieuse étrusque existait (1)On connaît par exemple le nom d'un auteur dramatique, Volnius, qui écrivit "des tragédies toscanes" - sans pouvoir situer à quelle date (5) Connu, par exemple, est le nom d'un auteur de tragédies, Volnius, de la date obscure, qui écriva " des tragédies toscanes ". (4),(2) Bien qu'on n'ait aucune preuve d'une notation, il est possible que la musique étrusque ait existé sous forme écrite (6)

On considère généralement que la langue étrusque constitue un cas isolé. Il n'est pas possible de démontrer d'une manière décisive qu'elle soit liée à aucune autre langue vivante ou même morte, à l'exception de quelques langues éteintes sporadiquement attestées.

La langue rhétique, trouvée dans les Alpes, était clairement apparentée à l'étrusque, à en juger par les quelques inscriptions trouvées.

Le Lemnien, langue antique trouvée sur l'île de Lemnos, semble avoir été liée à l'étrusque. Une troisième, la langue de Camunic, sporadiquement notée dans le nord-ouest de l'Italie et écrite en alphabet étrusque, peut également lui avoir été liée, mais les preuves sont trop minces pour permettre toute conclusion sûre.

L'étrusque a cessé d'être parlé au temps de la période impériale de Rome, bien qu'il fut toujours étudié par des prêtres et leurs disciples. L'empereur Claude (mort en 54) a écrit une Histoire des Etrusques en 20 volumes, aujourd'hui perdue, qui reposait sur des sources qui existaient encore de son temps. La langue a continué d'être employée dans un contexte religieux jusqu'à la fin de l'empire romain ; la dernière mention de son utilisation est liée à l'invasion de Rome par Alaric, chef des Visigoths, en 410,(1) lorsque des prêtres étrusques ont été sommés de provoquer la foudre contre les barbares.

Il existe un corpus de plus de 10 000 inscriptions connues en étrusque, et de nouvelles sont découvertes chaque année. La plupart sont des inscriptions funéraires courtes ou des inscriptions votives, trouvées sur les urnes funéraires, dans les tombeaux ou inscrites sur des objets consacrés dans les sanctuaires. D'autres inscriptions sont trouvées gravées sur les miroirs en bronze, où elles désignent des figures mythologiques ou le nom de l'artisan, sur des pièces de monnaie, des dés, de la poterie. Enfin, il existe des graffitis inscrits sur des poteries ; bien que leur fonction soit mal comprise, ils semblent désigner le nom de leur propriétaire aussi bien que des nombres, des abréviations et des signes non alphabétiques.

L'origine de l'alphabet étrusque ne fait aucun doute. Le premier alphabet a été inventé par des hommes de langue sémitique dans le proche-orient antique, bien que le cananéen et les alphabets phéniciens qui ont suivi comprenaient seulement les consonnes et pas de voyelles. Les Grecs ont dérivé leur alphabet de celui des Phéniciens et ont ajouté les voyelles, aboutissant ainsi au premier alphabet véritable. Une variante occidentale de l'alphabet grec a été apportée par les Grecs d'Eubée en Italie, et c'est d'eux que les Etrusques l'ont acquis. Les Etrusques, à leur tour, ont transmis l'alphabet aux Romains.

Par ailleurs, l'alphabet étrusque a été diffusé à la fin de la période archaïque (vers. 500 avant JC) dans l'Italie du Nord, devenant le modéle pour les alphabets des Venètes et de diverses populations alpines ; ceci s'est produit en même temps que la formation des alphabets Osques et Ombriens dans la péninsule.

On pense de nos jours que les runes germaniques (le Futhark) sont dérivées de l'alphabet de l'Etrurie du nord, un fait qui soutient l'existence d'un vaste réseau commercial étrusque.

Interpretation

La notion répandue de nos jours qu'il existe un "mystère" en ce qui concerne la langue étrusque est fondamentalement incorrecte. Contrairement à ce que l'on prétend souvent, il n'existe aucun problème de déchiffrement. La lecture de l'étrusque ne présente aucune difficulté.

Le vrai problème réel avec les textes étrusques se situe dans la difficulté que nous avons à comprendre la signification précise des mots, et que nous ne connaissons des formes grammaticales que quelques éléments à caractére général. Un obstacle fondamental provient du fait qu'aucune autre langue connue n'a de parenté assez étroite avec l'étrusque pour permettre une comparaison fiable, compréhensible et concluante. L'isolement apparent de la langue étrusque avait déjà été noté par les Anciens ; il est confirmé par des tentatives répétées et vaines de certains de l'assigner à l'un des divers groupes ou types linguistiques du monde méditerranéen et eurasien.

Cependant, il y a bien des connexions avec des langues indo-européennes, en particulier les langues italiques, et également avec des langues plus ou moins connues non Indo-Européennes de l'Asie occidentale et du Caucase, de la mer Egée, d'Italie et de la zone alpine aussi bien qu'avec des reliques des substrats linguistiques méditerranéens indiqués par des noms de lieux. Ceci signifie que la langue n'est pas vraiment isolée ; ses racines sont entremêlées avec celles d'autres formations linguistiques reconnaissables dans un secteur géographique s'étendant de l'Asie occidentale à l'Europe est-centrale et à la Méditerranée centrale, et ses dernières évolutions ont pu se produire au contact plus direct avec l'environnement linguistique pré-indo-européen et indo-européen de l'Italie. Mais ceci signifie également que l'étrusque, comme les lettrés le savent, ne peut pas simplement être classé comme appartenant au caucasien, à l'anatolien ou aux langues indo-européennes tels que le grec et le latin, desquelles il semble différer nettement par sa structure.

Les méthodes traditionnelles qui ont été utilisées dans l'interprétation de l'étrusque sont (S4):

(1) l'étymologie, qui est fondée sur la comparaison des racines des mots et des éléments grammaticaux avec ceux des autres langues, et qui suppose l'existence d'une relation linguistique qui permet une explication de l'étrusque de l'extérieur (cette méthode a donné des résultats négatifs, l'hypothèse n'étant pas justifiée);

(2) de l'analyse combinatoire, une méthode d'analyse et d'interprétation des textes étrusques rigoureusement limitée à une étude comparative interne des textes eux-mêmes et des formes grammaticales des mots étrusques (ce qui a apporté beaucoup de progrès dans la connaissance de l'étrusque, mais son défaut réside dans le caractère hypothétique de la plupart des conclusions en raison de l'absence de preuves extérieures ou de confirmations) ;

(3) le bilinguisme, fondé sur la comparaison du rituel étrusque votif et des formules funéraires avec des formules présumées analogues extraites de textes épigraphiques ou littéraires, dans des langues appartenant à un environnement géographique et historique étroitement lié, comme le grec, le latin ou l'ombrien. Néanmoins, avec l'augmentation des données fiables et, en partie, de plus récentes découvertes épigraphiques (telles que le Cortinensis Tabula et les lamelles de Pyrgi), la nécessité de trouver LA bonne méthode semble perdre de son importance, tous les procédés ayant tendance à être utilisés .

Paléographie

Parmi les inscriptions les plus longues, la plus importante est l'emballage de la momie de Zagreb ou «Liber Lintaeus», trouvée en Egypte au XIXème siècle et rapportée en Yougoslavie par un voyageur (Musée national, Zagreb). Celui-ci avait été d'abord un livre de toile de lin qui, à une certaine date a été découpé en bandes pour être enroulé autour d'une momie. Avec environ 1 300 mots écrits à l'encre noire sur la toile, c'est le plus long texte existant en étrusque ; il contient un calendrier et des instructions pour les sacrifices, suffisantes pour donner une idée de la littérature religieuse étrusque.

De la Campanie, en Italie, vient un texte religieux important inscrit sur une tuile du site de l'ancienne Capoue. Une inscription sur bronze, provenant de Cortone (en haut de l'article) détaille un contrat foncier entre deux familles.

Les rares inscriptions bilingues étrusque-latin, toutes funéraires, ont une importance limitée pour l'amélioration de notre connaissance de l'étrusque. Toutefois, les plaques d'or inscrites trouvées sur le site de l'ancien sanctuaire de Pyrgi, la ville portuaire de Caere, fournissent deux textes, l'un en étrusque et l'autre en phénicien, d'une longueur considérable (environ 40 mots) et d'un même contenu. Elles sont l'équivalent d'une inscription bilingue et offrent ainsi des données importantes pour l'élucidation de l'étrusque au travers du phénicien, une langue connue.

La trouvaille est aussi un document historique important, qui enregistre qu'un «lieu sacré» a été consacré à la déesse phénicienne Astarté dans le sanctuaire étrusque de Pyrgi par Thefarie Velianas, roi de Caere, au début du Vème siècle avant J.C.

Les lamelles de Pyrgi


Ce qui suit est une tentative de traduction de la (première) lamelle de Pyrgi, fondée sur un certain nombre de sources. Dans la translittération, j'ai utilisé un K majuscule pour représenter la lettre étrusque "ch" (comme dans Bach en allemand). La lettre étrusque qui ressemble au thêta grec, prononcé comme le "th" de thing, en anglais est représentée par la lettre anglo-saxonne «Eth»(ð).

Etrusque Original:
Translittération:...............
ita.tmia.icac.he
ramasva.vatieKe
unial.astres.ðemia
sa.meK.ðuta.ðefa
riei.velianas.sal
cluvenias.turu
ce.munistas.ðuvas
tameresca.ilacve.
tulerase.nac.ci.avi
l.Kurvar.tesiameit
ale.ilacve.alsase
nac.atranes.zilac
al.seleitala.acnasv
ers.itanim.heram
ve.avil.eniaca.pul
umKva.
Traduction approximative:

Ce temple et (cette) statue ont été consacrés à Uni / Astarté. Thefariei Velianas, chef de la communauté, en a fait don pour le culte de nos peuples. Ce don de ce temple et sanctuaire et la consécration de ses frontières au cours de son mandat de trois ans au mois de Xurvar (juin?) de cette manière, et dans Alsase (juillet?) Ce mémorial et la divinité / statue doivent donc être enterrés par ordre du Zilach, que ses années puissent durer plus longtemps que les étoiles.



Les Nombres Etrusques

Les nombres étrusques ont été représentés par les symboles montrés ci-dessus, et ont été employés largement selon le même schéma que les chiffres romains. Le terme même de "chiffres romains" est une fausse appellation puisque le système de numération prototype était à l'origine étrusque.
  1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Sumerien desh min pesh lim i i-ash i-min i-us i-lin Hu
Akkadien ishten shena shalash erbe h.amish shishshu sebe samane tishe esher
Phénicien -h-d sh-nm sh-l-sh -r-b h.-m-sh sh-sh sh-b s-h-m-n t-sh -sh-r
Etrusque thu zal ci huth maK sa semph cezp nutph sar
Latin unus duo tres quatuor quinque sex septem octo novem decem
Oscan uinus dus tris petora pompe sehs seften uhto nuven deken
Umbrien uns tuf trif petur- pumpe sehs     nuvim desem
Basque bat bi hiru lau bost sei zazpi zortzi bederatzi hamar
Grec heis duo treis tettares pente hex hepta okto ennea deka

é

Réferences primaires

1. Zosimus, Historia Novae

Plusieurs autres sources décrivent les livres sacrés qui ont été conservés dans le temple d'Apollon, avec quelques citations directes de cette source.

2. Censorinus De Die Natali

-décrit les annales de l'Etrurie.

3 Tite Live L'Histoire de Rome IX, XXXVI

Le fait que les Etrusques avaient une littérature propre est attesté par les écrits de Tite-Live sur la ville étrusque de Caere au IVème siècle avant J.C.:

"Je suis fondé à croire qu'à cet époque, les jeunes Romains étaient régulièrement instruits en littérature étrusque, comme ils le sont aujourd'hui en lettres grecques."

4.Varro Lingua Latina V, IX

Nous connaissons le nom d'un auteur de "tragédies toscanes" nommé Volnius, évidemment une forme latinisée du nom (probablement Velnies en étrusque):

"Ager Romanus primum divisus in partis tris, a quo tribus appellata Titiensium, Ramnium, Lucerum. Nominatae, ut ait Ennius, Titienses ab Tatio, Ramnenses ab Romulo, Luceres, ut Iunius, ab Lucumone; sed omnia haec vocabula Tusca, ut Volnius, qui tragoedias Tuscas scripsit, dicebat...."

5. Tite Live L'Histoire de Rome Livre VII,II

"Comme on appelait "hister", en langue toscane, un bateleur, on donna le nom d'histrions aux acteurs indigènes, (7) qui, ne se lançant plus comme avant des vers pareils aux fescennins, rudes et sans art qu'ils improvisaient tour à tour, présentaient dès lors des satires pleines de mélodie, avec un chant réglé sur les modulations de la flûte, et que le geste suivait en mesure..."

6. Titus Lucretius: De Res Natura

On mentionne brèvement des chants tyrrhéniens lus à l'envers

Réferences Secondaires

S1: Pallottino, M "Les étrusques" 1978

S2: Pallottino,M. Testimonia Linguae Etruscae (TLE),1968 Firenze

S3: M. Grant, Les Etrusques, 1981

S4: Encyclopaedia Britannica, Standard Edition, 1999.

Sites internet

Etruscan Glossary Online
Compilations et traductions de Francais, Italien and Latin par Rick Mc Callister and Silvia Mc Callister-Castillo. Compilations et traductions du francais, de l'italien et du latin par Rick Mc Callister et Silvia Mc Callister-Castillo. Un site clair qui donne des comparaisons détaillées des mots étrusques avec d'autres langues.

Four Short Articles on the Etruscan langue

Etruscan Vocabulary

The Liber Lintaeus
Gabor Z. Bodroghy, suberbe site sur le Liber Lintaeus de Zagreb

Etruscan Philology Online
Principalement en Italien, mais excellent ne serait-ce que pour les inscriptions. Voir aussi la section sur l'alphabet et le système de numérotation étrusque.

Etruscan Language

Note
(Il existe de nombreuses théories excentriques qui relient la langue étrusque avec le hongrois, l'hébreu, l'ukranien, le basque, le turc ou l'akkadien. Elles ont généralement une bonne raion pour tenter de trouver une telle connexion, raisons qui tiennent plus de l'idéologie que de la science. Beaucoup de tels sites internet se trouvent sur le web, accessibles par la plupart des moteurs de recherche. Les traductions sont très imaginatives, et se lisent comme des définitions de mots croisés. On pourra se demander pourquoi une civilisation ancienne quelconque écrirait des phrases aussi étrangement disjointes sur ses stèles funéraires, par exemple.

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